Asie du sud-est

Voyager sans «laisser de traces»

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Leave no trace qu’ils disent.

(on vous embarque comme si vous y étiez. ou comme si on y était. encore.)

Angkor Wat, Cambodge. Nous en sommes à notre deuxième journée de visite à la cité d’il y a mille ans. C’est la deuxième journée que l’on passe la mâchoire décrochée à force de tant de beauté dans ces ruines qui n’en finissent plus. Des arbres centenaires qui retiennent des restes de murs millénaires. Le tout dans la lumière rose ou orangée d’un soleil qui plombe sur les pierres de sable. Thermomètre fixé à 39C jusqu’en fin de journée.

Angkor Wat, Cambodge
Angkor Wat, Cambodge

Dès hier, on a prévenu nos chauffeurs de tuk-tuk qu’on souhaite éviter les visites guidées de groupes. Pas juste, ne pas en faire partie, mais carrément ne pas les voir si y a moyen. Alors on fait les circuits à l’envers du reste du monde. Ce qui nous permet d’avoir l’impression d’être à peu près seuls au monde la plupart du temps mille ans derrière.

Aussi, quand on est arrivés au pied du Ta Keo et que j’ai vu le dernier tas de pierres rempli d’inukshuks, j’ai pété ma coche.

Les amis, mes amis, et les autres, est-ce qu’on peut essayer une affaire? Est-ce qu’on peut essayer de retenir cette envie primitive de tirer une pisse partout où on passe? Juste pour montrer aux autres qu’on était là? Est-ce que c’est nécessaire de laisser une trace, visible pour tous ceux qui suivront, pour se prouver qu’on y était? Juste pour le plaisir de laisser une trace? De laisser une tache?

Come on.

Come fuckin’ on.

(ici, j’éviterai volontairement les majuscules, mais sachez que je crie) Un inukshuk, ça fait partie de la culture des peuples du nord, des gens de neige, des gens des steppes et des glaces, qui se laissaient ces structures de roches pour s’indiquer le chemin! ÇA N’A RIEN À FOUTRE AU CAMBODGE!!! (oups. j’ai craqué)

Leave no trace. C’est un grand mouvement mondial, généralement associé à l’ensemble des enjeux environnementaux, mais encore plus particulièrement au tourisme. «Ne prends rien, à part des photos. Ne laisse rien derrière toi, à part les traces de tes pas sur le sable ».

Plus d’un million de visiteurs visitent les ruines du temple d’Angkor chaque année.

Imaginez un instant que chacun ait la brillante idée de réarranger les ruines pour se construire un bonhomme en roches. Ou même juste un visiteur sur 100. Même juste un sur 1000.

Voilà. Et on se ramasse avec un champ de statues inuits dans nos photos de temples Khmers millénaires.

Évidemment entourés de papier, de canettes et de mégots de cigarettes oubliés ici et là par des visiteurs qui n’ont pas compris le minimum. Le respect. De l’Autre. Cet autre qui peut être Humain ou Histoire.

Passer sans laisser de traces.

Ne serait-ce que pour prouver qu’on n’est pas cons.

Lucie

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No Comment

  1. Pierre Bougie

    Ouais… je partage entièrement le point de vue et la réaction de Lucie! Il y a plein d’imbéciles qui pensent qu’ils sont « ben smattes » en laissant des graffitis. ou Inukshuks qui N,ont rien à faire là-bas.

    Mais pisser dans un lieu aussi sacré?!? J’avais jamais entendu ça avant… Jesus Christ! Je désespère.

    27/04/2014
    • Ailleurs et autrement

      Nah Pierre, te décourage pas. C’est encore juste une de mes expressions un brin trop colorée… C’est ma façon de dire « marquer son territoire » à la manière des animaux. En fait, c’est même une expression que j’utilise plus souvent en parlant des médias sociaux et du choix à faire d’être ou ne pas être sur l’un ou l’autre, et/ou d’y être discrètement ou choisir d’y être en laissant des commentaires tout le temps, partout et à tout prix même lorsqu’on n’a rien à dire. Pour moi, laisser un Inukshuk comme trace de son passage, c’est comme « tirer une pisse » pour marquer son territoire.

      Donc, je n’ai pas voulu dire que les gens pissaient sur les ruines d’Angkok.

      Tout comme je ne veux pas dire non plus que ça n’arrive pas! 😉

      Lucie

      28/04/2014
Ailleurs et autrement.