Asie du sud-est

Rencontrer des éléphants en Thaïlande, au Chai Lai Orchid

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[Mars 2014 – Mise à jour : Vers la toute fin du voyage, nous avons passé une autre journée avec des éléphants, à Kanchanaburi. Un choix judicieux, durable. Une autre expérience d’exception. On vous en reparlera bientôt.]

Bien sûr, on peut disserter longtemps sur le choix de rencontrer les éléphants sur une ferme, avec leurs mahouts (leurs gardiens), ou bien d’opter pour l’observation pure dans un parc protégé. Là, s’ils sont vraiment libres, on n’est évidemment pas assuré de les voir. Si le parc naturel qui prétend protéger les éléphants promet qu’on les verra, c’est qu’ils sont forcément plus ou moins enfermés. Ou attachés. Alors un revient à l’autre.

Au moment de choisir notre lieu de rencontre avec les éléphants, on a fait attention d’éviter les fermes où ils sont animaux de cirque : match de soccer, démonstration de peinture, etc. Paraît qu’il y en a beaucoup.

On s’était déniché un petit truc d’écotourisme, le Chai Lai Orchid, perdu dans la montagne derrière Chiang Mai, là où il y a des villages de réfugiés Birmans, les Karens. Nos mahouts étaient Karen. C’est un peuple si différent (j’ai le goût d’écrire primitif) qu’ils sont différents physiologiquement. Petits petits. Tous des corps d’enfants de 15 ans. Même les plus vieux.

Des survivants. Comme les éléphants. Réfugiés.

Alors oui, ces éléphants étaient captifs. Oui, les mahouts doivent parfois leur donner quelques coups de leur petit bâton pour se faire entendre. Mais entre nous, les mahouts ont tout juste le contrôle. C’est presque symbolique. La veille de notre promenade sur leur dos, on a assisté à un petit incident. Les éléphants revenaient d’une balade avec quelques visiteurs , « bareback », c’est-à-dire sans nacelle. Directement sur la peau de l’éléphant. Parmi les 7 ou 8 éléphants, une maman et son bébé de 11 mois. Le bébé se promène librement, sans corde et sans mahout car il suit instinctivement sa maman. Deux ou trois autres très gros éléphants étaient de la partie. Lorsqu’ils sont tous descendus à la rivière, le bébé s’est mis à jouer dans l’eau, au milieu du groupe. Il s’est un peu retrouvé coincé entre les gros. Pas de chance, sa trompe a accroché la corde d’un des gros. Il s’est senti pris. Il a paniqué. Il a crié.

Les autres ont pogné les nerfs.

Deux sont partis en courant dans la rivière (avec leurs touristes tentant de rester accrochés à leurs oreilles comme ils le pouvaient!) et les autres éléphants sont restés autour du bébé et se sont mis et à balancer leur trompe à la verticale, gueule ouverte, en criant. Leurs barrissements nous ont fait dresser les poils sur le corps.

Ils étaient tout à leur nature, à leur instinct et à leur puissance. Les mahouts sont restés derrière, espérant que ça se calme. Les yeux aussi ébahis que les nôtres je crois.

Le petit coup de bâton, les chaînes, je ne crois pas que cela dérange les éléphants outre mesure.

Bien sûr, on préfèrerait les savoir dans leur environnement naturel. Libres. Mais en Thaïlande en 2014, c’est rarement le cas. On compte environ 3 200 éléphants domestiques en Thaïlande. Historiquement, les éléphants étaient utilisés pour les travaux de déforestation. Lorsque le déboisement fut interdit, les éléphants domestiqués et leur mahout se retrouvèrent sans travail. Le tourisme a permis à l’un comme l’autre de survivre.

Les mahouts des éléphants de la ferme voisine du Chai Lai Orchid sont d’origine Birmane. Des réfugiés. Qui font ce qu’ils peuvent pour survivre. Dans leur cas, cela veut dire s’occuper de leur éléphant et supporter les frais grâce à l’argent du tourisme.

Dans sa mission, le Chai Lai Orchid s’engage à ce que ses activités apportent des retombées directes aux gens de la communauté qui l’entoure. C’est ce que nous avons observé, c’est ce que nous avons ressenti.

Les mahouts nous ont semblé aimé leurs bêtes. Ils n’aiment pas utiliser la nacelle pour assoir les touristes. Ils trouvent que c’est trop d’effort pour leurs éléphants. Ils ont beau empiler les couvertures sous la nacelle, ils craignent que cela les blesse.

Mais on fait quoi alors? On sauve les éléphants et on laisse les jeunes Karen crevés de faim? 

Les éléphants ne nous ont pas semblé souffrir. Heureux ou malheureux, ça, va savoir. Pour ce que nous avons vu, tout ce qu’ils veulent, c’est manger. Et jouer dans l’eau. Si quelque chose devait vraiment leur déplaire ou leur faire du mal, on n’a vraiment pas l’impression qu’un petit coup de bâton pourrait les arrêter.

Alors nous ne regrettons pas notre expérience. La rencontre de ces éléphants, indissociables pour nous de la rencontre des Karen, restera un souvenir impérissable. Une impression de voyage dans le temps.

Mais tant qu’il y aura des Nord-Américains pour demander à voir un match de soccer d’éléphants, tant qu’il y aura des Européens pour vouloir les voir peindre, et tant qu’il y aura des Chinoises exigeant la nacelle pour éviter de salir leurs grandes jupes et leurs grands chapeaux roses, il y aura forcément une offre pour les satisfaire.

En attendant, un choix judicieux peut encore permettre d’approcher ces géants historiques sans leur faire de tort, et tout en aidant des humains qui en ont bien besoin.

Lucie et René

Les plus :
L’environnement. Faute d’être libres, les éléphants ont au moins les pieds dans la terre, des arbres autour d’eux pour les protéger du soleil et une rivière qui leur permet de s’amuser dans l’eau.
La présence des jeunes Karen, curieux, gênés, intéressés et souriants.
L’approche de la gérante des lieux, Alexa, qui semble vraiment tout mettre en oeuvre pour que la présence des touristes soit directement bénéfique aux Karen. Et son attitude avec eux.

Les moins :
Pour répondre à la demande de touristes en autobus qui débarque ici pour une petite heure expresse sans se salir, il arrive encore que les éléphants doivent balader des touristes en nacelle, plutôt que sur leur dos nus. Le cou de l’éléphant peut porter 500 kg. Son dos peut en porter 150 kg; au-delà, il peut souffrir ou se blesser, à long terme. La nacelle, vide, pèse près de 100kg. Un adulte sur la nacelle et l’éléphant souffre. Les gens y montent généralement en couple. Les mahouts se dépêchent de retirer la nacelle du dos de l’éléphant dès que les touristes en débarquent. Un mouvement serait en train de naître en Thaïlande pour encourager la marche avec l’éléphant plutôt que la balade sur son dos. C’est à souhaiter. En attendant, si vous ne pouvez vous passer de monter l’éléphant, refusez au moins la nacelle.

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